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Patterns oc commoning (recension)

Autrice/Auteur de la ressource (David Bolier Silke Helfrich) Alain Mille
Type d'éclairage
  • économique
  • social
  • politique
Type de ressource
  • recension
Texte synthétique résumant le contenu de la ressource L'introduction constitue une excellente introduction sur les communs. Ce qu'il faut retenir : 1) Le commoning est un processus vivant -> il faudrait un verbe plutôt qu'un nom. Pour éditeurs, il n'est pas possible de poser des définitions et des méthodologies vraiment spécifiques à la notion de commun. La théorie et la pratique sont intimement associées : les pratiques se développent dans un cadre théorique peu contraignant sur les méthodes et les outils, mais exigeant dans la nature des rapports des humains dans la nature : respect des frontières écologiques, communauté stable et coopération volontaire. Les communs nous aident à considérer que nous faisons partie intégrante de la nature. L'individuel et le collectif se nourrissent mutuellement sans pouvoir se distinguer facilement. On ne construit pas artificiellement un commun, il émerge d'un collectif qui se "reconnaît" en tant qu'entité partageant clairement des flux d'activités dans un espace et un temps vécus ensemble.
Pour les auteurs, il  ne s'agit pas de contester les éléments théoriques d'Elinor Ostrom : Institutional Analysis and Development -> voir l'article Ostrom 2011 dans la biblio, mais plutôt d'insister sur les rôles duaux de la subjectivité et de l'intersubjectivité de tout être vivant, et de l'humain en particulier. De plus, s'il est important d'étudier les formes institutionnelles des communs, il est non moins important d'étudier les pratiques sociales du commoning.
Texte de la ressource

Travailler avec les patterns : une introduction

Un des premiers auteurs de Wikipédia et l'organisateur de la première conférence WISISYM. La notion de patterns est attribuée à un architecte Chistopher Alexander (A pattern Language, 1977). Cette approche permet de travailler de manière coopérative en identifiant rapidement un "motif" qui correspond le mieux à la situation à étudier.

Motifs de communs : comment nous pouvons contribuer à un langage de communs ?

Un certain nombre de patterns sont étudiés et par exemple, pour montrer l'usage des patterns, voici les deux premiers:
  1. La logique des communs / la logique du marché
    • ◦ Le contexte : Les marchés considèrent bâtiments et paysage comme n'importe quelle autre "produit" (commodity). Face à ce point de vue, un réseau de projets résidentiels (Allemagne) invente une oganisation décentralisée considérant les immeubles résidentiels comme des communs.
    • ◦ Le problème : Même si les résidents initiaux étaient tous d'accord pour ne pas mettre dans le marché leur résidence, de nouveaux (héritiers par exemple) peuvent vouloir valoriser leur appartement sur le marché. Il est donc nécessaire de construire une association de résidents qui ne le permette pas, mais là encore si une majorité le décide, on peut retourner dans le marché...
    • ◦ La solution : L'association est d'emblée liée avec un syndicat plus large et pour revenir au marché, il faut l'accord des deux -> la pérennité du commun est bien plus largement assurée.
  2. La relation du Donner/Prendre (Give and Take)
    • ◦ Le contexte : Le projet d'agriculture orientée communautaire (German Community-supported agriculture) fait consensus sur le fait que donner et recevoir doivent être découplés pour qu'un vrai changement se passe. Certaines fermes de la région ont travaillé avec ce CSA. Elles pratiquent l'agriculture biologique, mais se sont heurtées à de nombreuses limites, surtout si elles produisent des produits laitiers et de la viande en plus des légumes et des fruits. Le problème se pose entre le CSA et l'une des fermes biologiques (qui n'est pas le fournisseur habituel de ce CSA). Les deux s'apprécient énormément et toutes deux envisagent même que la ferme biologique devienne partenaire du projet de CSA.
    • ◦ Le problème : L'un des défis permanents de l'agriculture soutenue par la communauté est de se contenter de ce qui est produit tout en ne dépensant que les sommes collectées auprès des membres du CSA au début de la saison de croissance. Ces deux facteurs - ce qu'un fournisseur peut produire et ce que la communauté peut apporter - imposent des limites à la quantité de produits que l'ASC peut fournir tout au long de l'année, une limite que les membres acceptent généralement. Le problème concret dans notre cas est que le CSA, en 2014, avait besoin de plus de pommes de terre pour fournir à ses membres. Un représentant du CSA a donc demandé à un agriculteur biologique et ami proche (qui n'est pas le fournisseur habituel du CSA) de donner au CSA les pommes de terre qu'il ne pouvait pas vendre à d'autres clients. L'agriculteur, qui est lui-même impliqué dans de nombreuses activités communautaires, répond non - et l'argument qui en résulte prend un ton tranchant : "C'est une question de principe. Je préfère donner les pommes de terre aux animaux ou les mettre sur le tas de compost. ... Si une pomme de terre ne coûte rien sur le marché, est-ce que cela signifie qu'un organisme CSA peut la prendre gratuitement ?" Le membre du CSA a répondu : "Pour moi, il est évident que si vous avez quelque chose dont vous n'avez pas besoin, alors vous le donnez." Et : "En fin de compte, un "NON" signifie que vous préférez laisser pourrir quelque chose quelque part, plutôt que de le donner à la CSA."
    • ◦ La solution : pas de solution trouvée dans ce cas, du coup, analyse...
    • ◦ La situation résultante : La communauté a du trouver des pommes de terre ailleurs. L'agriculteur a gardé ses pommes de terre non vendues. Les deux pensent qu'ils peuvent trouver une solution...
    • ◦ Les patterns
      • ▪ La volonté de réussir est la clé
      • ▪ "C'est le fait que je dois pouvoir décider moi-même. Sinon, ça ne va pas."
      • ▪ Reconnaissance explicite de la contribution de l'autre
    • ◦ Patterns associés
      • ▪ Identifier les hypothèses de base
      • ▪ Découpler les actes de donner et recevoir
      • ▪ Valeur d'une personne vs valeur ajoutée
      • ▪ Créer un sens de sincérité (fairness) commun à tous
Il y a une intéressante situation étudiée : la manière d'appliquer ou non le salaire horaire minimum dans toutes les situations -> le pattern en "communs" serait de voir comment répartir la rétribution en considérant aussi l'importance relative de la rétribution par rapport aux besoins des uns et des autres. Compter les heures uniquement ne semble pas être compatibles avec l'idée d'un travail qui fait du sens et qui doit permettre de vivre. Peut soulever des questions !

Huit point d’orientation des communs

Il s’agit des 8 points mis en évidence par Elinor Ostrom et présentés en 2012 à l’école d’été allemande sur les communs, à Bechstedt, en Thuringe.
  • 1. En tant que communeur, je comprends clairement quelles sont les ressources dont je dois m'occuper et avec qui je partage cette responsabilité. Les ressources communes sont celles que nous créons ensemble, que nous conservons comme des dons de la nature ou dont l'utilisation a été garanti pour chacun.e.
  • 2. Nous utilisons les ressources communes que nous créons, dont nous prenons soin et que nous entretenons. Nous utilisons les moyens (temps, espace, technologie et quantité d'une ressource) qui sont disponibles dans un contexte donné. En tant que communeur, je suis conscient qu'il existe un rapport entre mes contributions et les rétributions que je reçois.
  • 3. Nous suivons ou modifions nos propres règles et engagements, et chaque communeur peut participer à ce processus. Nos engagements servent à créer, maintenir et préserver les biens communs pour répondre à nos besoins.
  • 4. Nous veillons nous-mêmes au respect de ces engagements et parfois nous mandatons d'autres personnes de confiance pour nous aider à atteindre cet objectif. Nous veillons continuellement à ce que nos engagements servent toujours cet objectif.
  • 5. Nous élaborons des règles appropriées pour traiter les violations de nos engagements. Nous déterminons si et quels types de sanctions doivent être utilisés, en fonction du contexte et de la gravité de la violation.
  • 6. Tout communeur a accès à un lieu et aux ressources nécessaires la résolution d'un conflit. Nous cherchons à résoudre les conflits entre nous dans un cadre facilement accessible et de manière directe.
  • 7. Nous régissons nos propres affaires, et les autorités extérieures respectent cela.
  • 8. Nous sommes conscients que chaque commun fait partie d'un ensemble plus vaste. C'est pourquoi différentes institutions travaillant à différentes échelles sont nécessaires pour coordonner leurs gérances et pour coopérer entre eux.

Convivialité

La convivialité est la base du fonctionnement d’un commun, mais qu’est-ce que cela veut dire précisément. Le préfixe « con » signifie « ensemble avec » et « vivial » signifie « vivre ». Il s’agit donc de bien savoir vivre ensemble.
La convivialité pourrait se résumer par le fait que son but est d’être :
- non violent, mais non docile ;
- attentif aux sens, mais pas hostile à la pensée ;
- sans pouvoir, mais non sans force ;
- réglementé, mais pas bureaucratique ;
- modeste, mais ne manquant pas d'aspirations ;
- attentif au présent, mais pas à la mode ;
- autonome, mais pas trop sûr de soi ;
- altruiste, mais pas sous influence ;
- sans prétention, mais pas idiot ;
- appréciant la réussite, mais pas la victoire ;
- tendu vers la complémentarité des différences, et non vers la marginalisation de l'autre.

Est-ce que les communeurs peuvent prendre conscience de leur potentiel collectif ?

Il est établi que :
  • 1. Un communs n’appartient pas à une seule personne.
  • 2. Un communs est tout ce qui concerne les relations entre ses parties prenantes.
  • 3. Un communs doit affirmer et développer les systèmes – social, légal, technologique – pour le protéger de toute tentative d’enclosure.
Mais la manière d’y arriver n’est pas souvent consciente. Les expériences relatées dans les sections qui suivent montrent que, pour les communeurs, « ça allait de soi » car il fallait bien gérer les questions de fonctionnement en communs → comment sont prises les décisions, comment on gère les conflits, comment on entretient des relations avec les institutions, …
Dans tous les exemples, on note autant de manières de procéder que de communs, mais toutes se distinguant de l’organisation classique : les catégories dominantes de propriété privée, de capital, de monnaie, de profit et de rétribution du travail ne jouent pas un rôle déterminant dans leur organisation.

Quelques actes de mises en communs à travers les cultures et les âges

Bisse de Savièse : un voyage dans le temps avec le système d’irrigation du Valais, Suisse
Un réseau d’irrigation à flanc de montagne a été redécouvert en 1980. La justification des ces canaux remonte au 14ème siècle, suite à une épidémie décimant la vallée de presque 50 % de sa population. D’agriculteurs ils sont devenus éleveurs et avaient besoin d’acheminer l’eau dans leurs paturages depuis les hauteurs. Les canaux ont été encore développés au 19ème siècle pour permettre la culture de la vigne. Un de ces systèmes d’irrigation est celui de Savièse, mis en eau en 1430. En 1935, un tunnel est percé dans la montagne et les canaux de haute montagne (les bisses) sont abandonnés. En 2005, quelques enthousiastes restaurent ces canaux. Pendant tout ce temps, la forme traditionnel de gestion en commun de la bisse s’est maintenue. Depuis le moyen-âge, un consortage rassemble la communauté des utilisateurs. L’accès à l’eau était régulé selon les besoins et le vol de l’eau était puni. Le système marchait car les utilisateurs avaient un intérêt économique commun. Cette condition n’est plus vraie depuis quelques années et l’entretien devient difficile.
Le rôle de la mémoire et de l’identité dans les communs de la forêt Obştea en Roumanie
Dans les montagnes Vrancea de Roumanie, dans les Carpates orientales, les habitants de dizaines de villages utilisent depuis le XVIe siècle des institutions communautaires connues sous le nom de obştea pour gérer les biens communs forestiers. Le sens original du mot, qui vient du slave, est "ensemble", et il souligne l'essence participative de l'institution. Les traditions de Obştea sont si profondément enracinées parmi les villageois du Vrâncean que la forêt n'est pas considérée simplement comme une ressource ; c'est une source puissante identité collective, une pratique sociale et une fierté qui a des résonances quasi-mythologiques. Cependant, l'efficacité de Obştea en tant qu'institution coutumière a été profondément affectée par l'essor des technologies d'extraction, le règne de cinquante ans du communisme (1948-1989) et par l'essor des marchés modernes. Pendant tout ce temps, les gens ont chéri leur relation affective avec leurs forêts et la forme de gestion forestière de Obştea.
Aujourd'hui, vingt-neuf institutions Obştea continuent à fonctionner en Vrancea, gérant environ 65 000 hectares de forêt. Chaque village possède entre 1 500 et 14 000 hectares pour une population qui peut aller de 800 à 5 000 habitants. Le processus de restauration a stipulé que les institutions Obştea doivent suivre le modèle des anciennes structures organisationnelles et que chaque Obştea a le droit de modifier ses normes statutaires, en fonction des situations locales, avec l'accord de l'assemblée du village.
Les hommes et les femmes ont des droits de propriété égaux, bien que les hommes participent davantage aux assemblées et effectuent une plus grande partie des travaux forestiers. Les principes directeurs de la gestion des terres forestières dans les montagnes de Vrancea étaient (et sont toujours) l'indivisibilité, l'inaliénabilité et le partage égal.
La gestion de la forêt n'est pas qu'une question de calculs, de performances, de valeur matérielle et de revenus. Il s'agit également de relations affectives et de signification symbolique, telles qu'elles se reflètent dans la mémoire collective, la tradition et l'identité. Ces dimensions affectives maintiennent l'intérêt et l'implication des gens dans les processus liés à leur propriété forestière, même si les forces extérieures de l'État, du marché et des responsables locaux peuvent travailler dans d'autres directions.
La résilience d’un communs indigène éthiopien
Dans le district éthiopien de Menz, qui comprend la région de Guassa, le système d'irrigation d'Atsme a donné au peuple de Menz, pendant des siècles, le droit de réclamer l‘accès à une part des terres détenues en commun avec d'autres propriétaires terriens légitimes sur la base d'un ancêtre historique. L’histoire que l’on raconte : selon des sources locales, les pères pionniers de Menz, Asbo et Gera, ont commencé la gestion indigène de la région de Guassa au dix-septième siècle. Gera avait remarqué une étendue de terre ouverte dans la partie orientale de Menz, Guassa, et l'avait délimitée comme son pâturage. Plus tard, Asbo et Gera ont subdivisé la terre en deux parcelles en fonction du résultat d'une course de chevaux ; une limite a été tracée à l'endroit où le premier cheval est tombé de fatigue.
Les deux pères pionniers ont mis de côté la zone de Guassa dans le but principal de faire paître le bétail et d'utiliser l'herbe de guassa (Festuca). Ceux qui pouvaient établir une parenté avec Asbo ou Gera par l'intermédiaire de l'un ou l'autre de leurs parents avaient le droit de réclamer une part de la terre aux anciens qui contrôlaient l'attribution.
La révolution socialiste en 1974 a nationalisé toutes les terres, y compris communales, et donc Guassa.
Après l'abolition du système Qero par l'État, les associations paysannes de Menz ont décidé de former un autre système de gestion indigène, qu'elles ont appelé le Comité du Conseil de conservation du Guassa, avec un nouveau système de gestion et des règlements en ligne, qui se sont adaptés à l'ordre sociopolitique actuel du pays. Le nouveau système se compose de neuf associations paysannes (Kebeles) qui élisent cinq représentants, chacun étant un descendant de Gera et Asbo. Les cinq membres du comité comprennent le président de la Kebele, un ancien (femme ou homme), un chef religieux, un représentant des femmes et un représentant des jeunes. Pour la première fois, les femmes sont incluses dans la gestion de la zone de Guassa dans le cadre du nouveau système. Le système régit l'utilisation du Guassa pour environ 9 000 ménages.
Nos chemins de la connaissance : les femmes protègent les droits de la forêt commune au Rajasthan
Nichlagarh, un village Adivasi dans la région forestière du sud du Rajasthan, est coincé entre le régime bureaucratique du Département des forêts (FD) de l'Inde et une législation progressiste qui prétend rétablir les droits traditionnels de communeurs. Tandis que l'État a ses propres idées sur la façon dont les villageois devraient gérer leurs biens communs forestiers et leur vie, les femmes de cette communauté Adivasi se sont mises en avant comme gardiennes de la connaissance, gestionnaires des forêts et championnes de la représentation démocratique pour protéger le droit au commun.
L’article montre que les femmes ont du lutter tout à la fois contre les règles gouvernementales inadaptées au contexte et aux traditions de vie en communs et contre le patriarcat dominant qui les écartait traditionnellement de cette gestion. Elles se sont imposées comme les plus aptes à faire valoir les droits de la forêt en communs. Les réglementations en faveur des droits traditionnels leur ont servi pour prendre le leadership du maintien du fonctionnement en communs.
Terres de Liens : Expérimenter et gérer le fermage comme un communs4
On pourra trouver une description détaillée de Terres de Liens sur son site web → https://terredeliens.org/
Cette initiative utilise les outils disponibles dans le système de droit français et les mécanismes économiques standard du capitalisme. Toutefois, pour les acteurs de ce projet, il s’agit d’un processus vers le traitement du fermage comme un commun.
L’eau au-delà de l’état en Bolivie
Traditionnellement, l’accès à l’eau était géré en Bolivie par les parties prenantes d’un territoire. L’état a pris la responsabilité de la gestion de l’eau au travers des systèmes de gestion municipale. Ces régies ont ensuite été progressivement vendues à des sociétés privées, parfois américaines. En pratique, pourtant, plusieurs communautés continuaient à gérer l’eau selon des méthodes ancestrales de gestion en communs, mais étaient devenues illégales. La lutte contre ce que les communautés considéraient comme une confiscation d’un droit ancestral a pris une importance forte avec une coordination des communautés en lutte. La mobilisation est motivée par de fortes augmentations des tarifs, mais surtout par le fait qu’un fonctionnement en communs était remplacé par un fonctionnement bureaucratique puis privé, mais excluant les personnes directement concernées. C’est la confiscation des responsabilités qui a causé la plus grosse motivation de rébellion.
Bologne, Italie : Cité des communs
Le projet de Lab Gov a été imaginé par Christian Iaione, Professeur à l’Université de Rome.
Les habitants ont été invités en tant que communeurs à gérer les espaces publics, les espaces verts, les bâtiments abandonnés et d’autres problèmes de la ville. La ligne de conduite du projet est : « La société avance, l’économie suit. (re)Concevons les institutions et les lois ensemble. En 2014, la vile de Bologne adopta une législation préparée par Lab Gov : https://wiki.p2pfoundation.net/Bologna_Regulation_for_the_Care_and_Regeneration_of_Urban_Commons
Plus de 90 projets sont aujourd’hui menés selon cette réglementation.
Auto-Assistance Sociale à Mühlheim (SSM :Sozialistische Selbsthilfe Mühlheim)
Le SSM est un communs parce qu'il repose sur une gouvernance auto-organisée et une action publique, combiné avec l'autonomie, le sens des responsabilités et l’engagement de ses membres. Il s'agit d'un système social vivant, indépendant et durable, et donc capable de s'engager de manière constructive avec à la fois le marché et l'État.
Cité Jardin, Lechtworth, Grande Bretagne
L’idée de la cité jardin a plus de 100 ans maintenant et Lechtworth en fut la première réalisation. Les terrains sont une propriété collective. Leur location et usage commercial permettent des revenus pour y construire des équipements collectifs, de soins et sociaux. Aujourd’hui, 33000 personnes vivent sur les terrains gérés de cette façon, appartenant au collectif.
Le projet de « réparation de la cité », Portland, Oregon USA
Chaque année, en mai, le projet de réparation de la cité organise une série d'ateliers de dix jours, appelée "Convergence de la construction de villages" autour de Portland. Ces ateliers ont produit des dizaines de projets qui animent la ville grâce à des « constructions naturelles" et suivant les modèles de permaculture. Des milliers de bénévoles ont construit des bancs et des kiosques d'information utilisant des matériaux non transformés tels que le sable, la paille ou encore le "cob" (maçonnerie d'argile non brûlée). Après avoir résisté à cette idée, la ville a finalement reconnu l’intérêt de cette mise en communs par les habitants et a mis à disposition des habitants des espaces à investir, en particulier aux centres des intersections.
Vila Autódromo, Rio de Janeiro, Brésil
Les habitants de la Favela Vila Autodromo étaient menacés d’expulsion par la ville pour différents prétextes, mais surtout pour récupérer une zone à forte valeur d’urbanisation. Ils avaient construit leurs maisons, s’étaient entraidés pour cela et ils formèrent facilement un comité de lutte contre cette expulsion. Le gouvernement recula, mais petit à petit les habitants cédaient aux propositions financières individuelles qui leur étaient faites. Le comité fit alors son propre plan de développement Plano Popular avec l’aide d’étudiants et enseignants de l’université ETTERN. Ce plan a été récompensé par un prix international. Le gouvernement a démarré son propre aménagement en grignotant l’espace en achetant au prix fort certaines résidences. Rien n’est gagné pour les résidents mais ils ont réalisés leur capacité collective à mener un projet en communs reconnu et viable.
Habitat auto-géré, Astrachan, Russie
A la dissolution de l’Union Soviétique, pratiquement toutes les résidences d’état ont été privatisées. Si les appartements étaient privés, la gestion des résidence est restée à l’état ou confiée à des sociétés immobilières privées. Il aurait fallu restaurer 40 % du parc... En 2005, une loi permet aux résidents de gérer par eux-mêmes ou en coopérative leur résidence.
À Astrachan, c’est 1 appartement sur 5 qui est auto-géré. Une rétribution de 8,7 roubles (17 euros) par m² est collectée pour gérer la maintenance et les réparations. Cette autogestion a beaucoup limité la corruption et permis de gérer efficacement les tentatives de confiscation des espaces verts entourant les bâtiments.
Vladimir Poutine voudrait supprimer cette possibilité pour revenir à des responsabilités individuelles et un marché concurrentiel sans limite. C’est ainsi que les aides de l’état pour la réparation d’immeubles sont uniquement réservés aux bâtiments gérés par des structures privées.
Le parc des pommes de terre au Pérou
C’est au Pérou, au Nord-Est de Cusco, que l’on trouve entre 2300 et 4000 variétés de pommes de terre, en faisant le pays assurant la plus grande diversité de variétés au monde. Au Quechua, la pomme de terre participe à la culture du pays : des variétés différentes pour les baptêmes, les mariages, les enterrements…
Les six communautés Quechua se considèrent comme vivant en interelation avec la terre, avec chacun et avec l’esprit du monde. Il s’agit de garantir une vie harmonieuse et saine avec pachamama. L’objectif de l’agriculture n’est pas d’augmenter les récoltes pour satisfaire le marché et faire du profit. L’objectif est de favoriser ce qui va bien à chaque territoire pour sa propre préservation : les hauts-plateaux pour les pommes de terre et le quinoa, les vallées pour le maïs, et les hauts pâturages pour les lamas…
Les multinationales agricoles s’intéressent à ces territoires pour fournir les produits du marché, sans s’intéresser à ces équilibres ancestraux. Pour y parvenir, ils s’approprient les terres. Pour éviter ces enclosures, les peuples indigènes ont créé une structure officielle originale Indigenous Biocultural Heritage Area (IBCHA). Dans ce cadre le Parque de la Papa protège 12000 hectares. Les villages du parc désignent leur représentant pour gérer l’association. Une attention particulière est attachée au respect des valeurs traditionnelles dans la gestion du parc. L’association partage sa connaissance génétique de la pomme de terre avec les scientifiques. Il est interdit de poser un brevet sur ces connaissances. Au delà de la pomme de terre, le mouvement développe les notions d’agroécotourisme, de nutraceutique (diététique et nutrition) et de pharmaceutique.
Le système d’intensification du Riz et sa Communauté Internationale de Pratiques
1983, un peu par obligation, le jésuite Henri de Laulanié, décide d’utiliser des semis de riz très jeunes quand les conditions du sol étaient réunies sans attendre le délai habituel de préparation de ces semis. Il expérimenta également des écartements plus grands, des périodes sans eaux, …. Le nombre de pousses par pied augmentait avec la robustesse du pied et un enracinement renforcé. Les rendements se sont significativement élevés. Toutefois, ces résultats n’ont pas été pris au sérieux par les instituts de recherche ni par les services gouvernementaux.
En 1990, Henri de Laulanié et ses amis malgaches créent l’association Tefy Saina pour promouvoir ces méthodes d’intensification de la culture du riz.
En 1994, une équipe du Cornell International Institute for Food, Algriculture and Development (CIIFAD) valide ces résultats étonnants et la connaissance est partagée avec les chercheurs s’intéressant à la culture du riz en dehors de Madagascar.
De 1998 à 2000, une petite équipe de Cornell partage l’information largement et documente les expérimentations faites dans d’autres pays. Le site web qui en résulte est le plus important actuellement sur ces techniques.
Une communauté internationale de fermiers et de chercheurs s’est ainsi créée. Formation, expériences, rencontres, questions économiques se multiplient.
Il n’y a pas de procédure pour faire partie de la communauté, donc pas de complication pour adhérer mais pas d’accueil non plus. La difficulté est que les membres ne se connaissent pas et que collaborations et synergies restent faibles. L’évolution actuelle se propose de développer des réseaux de réseaux locaux. Un réseau local est lié à l’attachement à des territoires similaires avec des mécanismes d’accueil et de collaboration effective.
Douze principes de conception permaculturelle
La permaculture est un type d'agriculture durable, de conception écologique et d'ingénierie qui tente consciemment de travailler en accord productif avec la dynamique naturelle. À la fois philosophie et ensemble de pratiques sociales, de techniques et de normes éthiques, la permaculture cherche à garantir que tous les systèmes de vie puissent rester sains et prospérer. Cet objectif ne peut être atteint que si les êtres humains considèrent la nature comme un système holistique qui inclut la société humaine, laquelle doit à son tour réintégrer les surplus de production et les déchets dans les écosystèmes naturels.
La conception, les pratiques et l'éthique de la permaculture peuvent être considérées comme une forme d'agriculture, d'ingénierie et de production basées sur les communs. L'essence de la permaculture a été résumée par David Holmgren dans son livre, Permaculture : Principles and Pathways Beyond Sustainability, dans les douze principes suivants :
  • 1. Observer et interagir.
  • 2. Capturer et stocker l’énergie.
  • 3. Avoir du rendement.
  • 4. Appliquer l’auto-régulation et accepter le retour d’information.
  • 5. Utiliser et valoriser les ressources et les services renouvelables.
  • 6. Ne pas produire de déchets.
  • 7. Procéder depuis les formes générales puis les détails.
  • 8. Intégrer plutôt que ségréguer.
  • 9. Préférer les solutions simples et progressives.
  • 10. Utiliser et valoriser la diversité.
  • 11. Utiliser et valoriser aussi ce qui n’est pas essentiel.
  • 12. Réagir de manière créative aux changements.
Remix The Commons : un espace interculturel dynamique pour les communs
L’initiative Remix The Commons a commencé à Berlin en 2010. Une des premières actions du collectif a été de collecter les propositions de « définition » des communs, ce qui aboutit non pas à une définition mais à une attitude, un processus, … avec des motifs variés autour de comportements cohérents avec l’idée des communs.
Remix The Commons fonctionne comme un commun, autour d’une plateforme numérique collaborative ouverte → https://www.remixthecommons.org/
Remix The Commons, c’est aussi l’attention à maintenir/faire vivre les liens entre les événements internationaux en rapport avec le « mouvement » des communs.
L’effort est maintenant de faciliter l’émergence d’un réseau international d’écoles des communs. Les capsules vidéo en ligne forment un corpus de témoignages très utilisé par la communauté des communs.
L’article conclut en indiquant : « Nous devons élever notre culture de communication au rang de mise en communs - et la rendre aussi interculturelle que conviviale, participative et inclusive autant que possible »
Les 10 principes du « Burning Man »/
Depuis 1995, pendant une semaine, un événement rassemble plus de 60000 personnes dans un désert du Névada : anarchistes, techniciens, artistes, concepteurs urbains et tout un tas d’autres personnes créatives…
Pour réussir à auto-gouverner un tel événement, 10 principes :
  • 1. Inclusion radicale (pas de prérequis pour être accepté)
  • 2. Principe du don « inconditionnel » (sans attendre de retour)
  • 3. En dehors du système marchand (contre l’idée de consommation)
  • 4. Compter sur soi avant tout.
  • 5. S’exprimer avant tout. L’expression personnelle est un don pour les autres.
  • 6. Effort commun. Coopération et collaboration.
  • 7. Responsabilité civique.
  • 8. Ne laisser aucune trace de l’événement.
  • 9. Participation comme un devoir.
  • 10. Expérience immédiate privilégiée.

Farm Hack: un communs pour l’innovation en agriculture
En 2011, une communauté de fermiers, designers, développeurs, ingénieurs, architectes, roboticiens et militant de l’open source se sont regroupés pour tenter de réduire les barrières d’échange de connaissances. L’aventure avait commencé au MIT à l’occasion d’un événement rassemblant des ingénieurs et des fermiers autour des besoins de ces derniers.
En 3 ans, Farm Hack est devenu une communauté collaborative avec plusieurs milliers de participants. La plateforme est visitée par des centaines de milliers de personnes qui contribuent et exploitent les contributions. L’initiative s’est articulée avec les réseaux GreenStart et Greenhorns et d’autres réseaux de makers/hackers. Le projet se définit comme une culture émergente, en réseau pour résoudre collaborativement des problèmes.
C’est l’esprit « hacker » qui consiste à résoudre les problèmes en les reformulant d’une manière radicale et en les résolvant de manière très innovante pour l’époque actuelle tout en empruntant les connaissances au patrimoine, à l’expérience, aux savoir-faire de terrain…
Mais au-delà du « bricolage » génial, il y a aussi la conviction que la connaissance se partage et que c’est ce qui permet au « bricolage » de devenir une pratique « normale » et donc, ne sera plus un bricolage à terme, mais une manière de vivre en communs.
Ce qui caractérise le projet, c’est la capacité à réutiliser les connaissances mobilisées pour un problème (par exemple une clôture électrique) pour résoudre un problème d’automatisation de collecte de données, puis de fabrication de kits pour le réaliser, et ainsi de suite… Et ceci, sans perdre le fil des transformations d’usage et des connaissances associées.
Le site actuel arrive directement sur les outils et plus particulièrement sur la bibliothèque : on y trouve, pêle-mêle des outils, des machines, des dispositifs électroniques, … La documentation est très inégale, mais il est toujours possible de prendre contact pour se former, en savoir plus, … (voir par exemple https://farmhack.org/tools/garlic-clove-separator)
Arduino et la révolution du « hardware » ouvert
Arduino est l'idée de l'Italien Massimo Banzi et de ses collègues David Cuartielles, Tom Igoe, Gianluca Martino et David Mellis. Les concepts de base pour le matériel Arduino sont sous licence Creative Commons Attribution-ShareAlike, et le code source de son logiciel est sous licence GNU General Public License (GPL). Le modèle économique repose sur la vente d’une ligne de produits sous la marque ARDUINO. La société se propose aussi d’aider à fabriquer des clones à un prix moins élevé.
Mais pour pouvoir exploiter pleinement les plates-formes ouvertes basées sur Arduino, il faudrait former davantage le public aux compétences nécessaires pour y arriver. À cet égard, l'Arduino - et d'autres technologies ouvertes - ont encore un long chemin à parcourir.
Le défi non encore relevé consisterait pour les gouvernements à placer Arduino et d'autres technologies open source au cœur de leur programme de développement et de leurs programmes éducatifs.
Les communs du numérique doivent intégrer cette nécessaire montée en compétence pour inclure la société dans sa maîtrise et éviter les « enclosures » autour des connaissances « expertes » limitant ce potentiel aux geeks ou techniciens formés dans la durée.
L’ouverture est une condition nécessaire mais non suffisante à l’émergence de communs du numérique.
Convertir les logiciels propriétaire en Communs : l’histoire de Libre Office
L’article raconte l’histoire à rebondissements du logiciel Libre Office. Sun avait récupéré la licence de Star Office pour le mettre en Open Source, mais avec un management de type entreprise. Comme Sun n’ouvrait pas vraiment le code aux développeurs « non Sun ». Ceux-ci ont commencé à déployr leur version de Open Office sur les distributions de Linux. Dans le même temps, un format ouvert de document (ODF) s’est développé. Microsoft contra ce standard en essayant d’imposer le sien OOXML. Sun a été racheté par Oracle qui ne s’intéressait pas du tout à Open Office. La communauté OO s’est mobilisé et à réalisé un « fork » d’OO pour créer Libre Office. Quand Oracle décida d’arrêter OO, au lieu de céder ses codes à Libre Office, ils les fournirent à Apache Software Foundation, toujours en Open Source, mais distinct. Après quelques frustrations, la communauté a repris les code de Apache Open Office. C’est maintenant un succès pour le libre et aujourd’hui ce logiciel concurrence la suite de Microsoft, y compris dans une version en ligne.
Le schéma d'une entreprise gérant un projet open source qui tourne mal, suivi d'une révolte de la communauté, s’est répété plusieurs fois. Le programme de base de données autrefois détenu par Sun, MySQL, est un autre exemple bien connu. Cette bifurcation de code post-Oracle, basée sur les communs, est connue sous le nom de MariaDB. L'exemple de Libre Office et des normes ODF montre toutefois le grand potentiel de la gouvernance ouverte, des processus de développement ouverts, du financement et du marketing collaboratifs, ainsi que la promesse d'une politique publique visant à fournir un soutien juridique aux logiciels générés par les communautés. Avec des objectifs relevant du développement des compétences locales à la sécurité nationale, des gouvernements exigent maintenant l'évaluation des options de logiciels libres lors de l’équipement en logiciels (Italie), certains interdisent Windows 8 sur les ordinateurs gouvernementaux (Chine) et d’autres rendent obligatoire la prise en charge des formats ouverts (Royaume-Uni).
La banque de temps d’Helsinki : une monnaie comme un communs
En 2009, quelques amis, dans la banlieue d’Helsinki, fondèrent le principe d’une « banque de temps ». L’idée est que le « temps » est l’unité d’échange, quelle que soit la qualité de celui/celle qui intervient. 1 heure d’expert ou de non expert, c’est 1h. On peut ainsi échanger 1h de formation à l’informatique avec 1h d’aide au jardin. L’initiative a rejoint la communauté «Community Exchange System », pour imaginer un « monde sans monnaie ».
Ce type de projet est souvent considéré comme incapable de gérer la réalité de l’économie. La monnaie-temps en elle-même, le Tovi, est un jeton dans un "crédit commun" qui permet aux gens d'échanger des services, de gagner et de dépenser des crédits. Le processus de définition des principes et des règles de la monnaie de crédit est lui-même un processus de mise en communs. La gouvernance de ce qui peut faire l’objet d’un échange ou non est délibéré de manière ouverte.
Avec le grand succès de la banque de temps, à la fin de l'année 2013, les autorités fiscales finlandaises ont présenté ont voté une loi pour taxer les services de travail qualifié reçus par le biais des banques de temps en fonction de leur valeur marchande (en euros). La discussion avec le gouvernement laisse présager qu’une « autre façon » d’imaginer l’économie se met en place, avec un équilibre entre économie de l’échange de temps (« taxable » en temps par exemple → bénévolat de service reconnu) et l’économie de l’échange d’argent (taxable en monnaie!). La question de l’éthique de l’entreprise est alors posé dans de nouveaux termes.
Comment le Bangla-Pesa a capté la valeur d'une communauté informelle
Bangla-Pesa est un mécanisme comptable d'échange réciproque ou un système de crédit mutuel. Les membres ne peuvent accepter plus de Bangla-Pesa qu'ils ne peuvent utiliser en une journée pour des besoins immédiats, comme la nourriture et l'eau. Personne n'est autorisé à avoir plus de 400 Bangla-Pesa à un moment donné. En développant ces programmes, ont été mis en place un système de garants à la monnaie et un fonds communautaire pour rendre le système plus sûr et plus durable.
Dans un premier temps, le système a rassemblé des personnes en situation très précaires et s’appuyant les unes les autres. Cette monnaie a posé des problèmes aux autorités qui ont arrêté les responsables et les ont mis en prison. Un accord a été trouvé rapidement puisque la monnaie n’est pas échangeable en monnaie du pays.
Le système a pu redémarrer avec l’appui des officiels.
En quoi le système Bangla-Pesa constitue-t-il un bien commun ?
Le Bangla-Pesa est géré par une organisation à but non lucratif appelée KORU, qui signifie "Kenyans Organizing Regional Unity", cofondée avec Jacky Kowa, une Kenyane d'origine qui travaille sur les droits des femmes et les questions de santé. Les membres du groupe sont élus, et le groupe joue le rôle de garant et d'intendant de la monnaie. KORU traite les désaccords qui peuvent survenir entre les membres.
Le Bangla-Pesa est un symbole et un instrument de richesse communautaire car il est adossé à la réserve commune de biens et de services des membres du réseau. La valeur de la monnaie est la somme totale de l'enseignement d'un professeur, des tomates récoltées par les agriculteurs, des trajets donnés sur une moto, etc. Pas plus. Pas moins. Les bons représentent donc cette richesse communautaire. Les bons sont aussi un moyen pour les gens d'améliorer la communauté. Une fois acceptés dans le réseau, 200 Bangla-Pesa sur les 400 alloués à une entreprise sont conservés pour des travaux d'intérêt général, comme le ramassage des ordures. Les membres décident des types de travaux d'intérêt général à financer.
Cette monnaie d’échange a permis à une économie non financière de se développer et à de nombreux besoins d’être satisfaits en dehors d’un accès des ressources financières.
Monnaie WIR - Réinventer l'échange social
L'actuelle WIR-Bank, à l'origine le Wirtschaftsring ("Cercle économique"), a été fondée en 1934, au pire moment de la Grande Dépression. Elle s'est fondée sur les idées de Silvio Gesell, un commerçant et économiste germano-argentin qui a observé comment la circulation monétaire classique s'était effondrée. De l’argent que l'on a peur d’utiliser plutôt que de l'échanger librement ne fit qu'aggraver la crise. En réinventant leurs propres monnaies fondées sur la réciprocité à long terme entre membres de la communauté - plutôt que sur une valeur en or ou les selon les limites fixées par les banques centrales - les communautés peuvent briser ce cercle vicieux. Des centaines de monnaies de ce type ont vu le jour pendant la Grande Dépression, comme l'a noté Irving Fisher de Yale, le premier économiste monétaire.
La coopérative intégrale catalane (CIC) : Vers une société du « communal ».
Les traditions du mouvement coopératif, du mouvement indépendantiste, de l’anarchisme comme du nudisme ont sans doute facilité l’émergence d’une coopérative comme la CIC.
Une coopérative intégrale est une tentative de construire un contrepouvoir populaire autogestionnaire, en gouvernance ouverte et adoptant la démocratie directe. L’intitulé de la coopérative reprend les objectifs dans chacun de ses termes :
  • • Coopérative, car il s'agit d'un projet pratiquant l'autogestion économique et politique avec une participation égale de tous ses membres. C’est aussi son statut.
  • • Intégrale, parce qu'elle cherche à unir tous les éléments de base d'une économie tels que la production, la consommation, le financement et le commerce. En intégrant les activités à la base de la vie : alimentation, logement, santé, éducation, énergie, transport.
  • • Catalan, car se limitant au territoire catalan.
Ce sont des assemblées nomades enfin de mois dans des villes différentes qui ont fondé les principes de la coopérative (2010) : 47 assemblées se sont tenues sur 4 ans. Au début, seuls quelques militants animaient le mouvement, mais il s’est renforcé ensuite régulièrement : 2600 membres en 2014. Le budget est passé de 0 à 458 000 euros pendant ces 4 années.
Un lieu caractérise ce mouvement : CALAFOU, une friche industrielle → https://calafou.org/web/index.php/inicio. 30 personnes y vivent. Plusieurs projets ont émergé et le travail se réalise en groupes disposant d’un bureau (physique ou non) et associés aux assemblées ouvertes à toutes et tous. Les projets de production (savon), d’éducation, d’agriculture partagée (producteurs et consommateurs gèrent ensemble), et même un groupe Science et technologie. Ce sont des commissions qui s’occupent de la gestion, des finances, … L’organisation est vivante, s’adapte aux besoins et aux personnes. Il est possible d’y payer en monnaies locales aussi bien qu’en euros, bitcoins ou faircoins.
N’importe appartenant à la coopérative peut échanger des produits hors-taxe et des services directs (du pain, des cours d’anglais, de plomberie..). A l’extérieur, les taxes s’appliquent.
Le financement est assuré par les productions et par les plateformes de microfinancement (https://coopfunding.net/).
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